cg LE SWING - BIG BAND
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On considère le Big Band comme une immense formation aux proportions gigantesques. Pourtant aucun seuil numérique n'eut pu être fixé avec précision. La plupart des big bands présentent entre quinze et vingt membres, mais ce nombre peut varier en fonction des besoins du chef d'orchestre et de ses arrangements ou des organisateurs, pour des raisons économiques.
La formation la plus courante se compose d'une section rythmique (piano, basse, batterie et parfois guitare) à laquelle viennent s'ajouter trois sections instrumentales (saxophone, trompette, trombone).
Chaque section comporte un nombre plus ou moins défini d'instruments (ex. 2 ténors et un baryton pour la section des cuivres). C'est Fletcher Henderson qui est le précurseur dans l'utilisation des sections instrumentales. Mais deux hommes vont marquer irrémédiablement de leur empreinte toute l'ère du swing : Edouard Ellington et William Basie... "Le Duke et Le Count".

 

Edouard Ellington surnommé « le Duke » 1899/1974

C'est un copain d'école qui le surnomma Duke : un des seuls enfants noirs de l'école, il venait d'un quartier aisé de Washington et pour se montrer digne de ces fréquentations on le surnomma ainsi...
Il commence sa carrière par un emploi de barman et travaille d'arrache-pied la technique du piano «stride». En 1918, il crée son premier orchestre «The Washingtonians» .
En 1922, il part à la conquête des clubs de New York et durant cinq ans, il trainera avec ses musiciens dans de nombreux clubs...
En 1927, son imprésario obtient un contrat pour le Cotton Club et sa formation se retrouve à onze musiciens qui feront trembler et résonner les murs du Cotton Club aux sons Jungle (sonorités très africaines rythmées par des sons de tambours et autres tam tam ainsi que des sons de trompettes et trombones à sourdines) qui sont la marque de fabrique de Duke Ellington, qui marqueront l'ambiance torride des soirées du Cotton Club...
En 1939, le Duke découvre à Harlem un pianiste, Billy Strayhorn. Il est tout d'abord arrangeur et second pianiste, mais leur complicité musicale se transforme rapidement en amitié. Billy Strayhorn signera de nombreux titres et restera dans l'ombre du Duke tout au long de sa vie, jusqu'en 1967. Duke Ellington poursuivra sa carrière, sans interruption en parcourant le monde entier jusqu'en 1974, lorsqu'il est pris d'une grosse fatigue. Il est victime d'un pneumonie le 24 mai 1974. Son fils Mercer tentera de reprendre le flambeau avec une partie de l'orchestre de son père pour continuer à faire vivre la légende...

Quelques standard du Duke : Take de A train, Cooton Tail, Blip-blip, C jam blues, Main stem, Mood indigo, In a mellotown, Perdido, ... pour n'en citer que quelques-uns.

 

William «Count» Basie

Né a Red Bank (New Jersey) le 21 août 1904 dans un milieu modeste, il apprend la musique sur le piano de la maison familiale. Durant son adolescence, il accompagne les films muets dans les salles de cinéma de Red Bank. En 1924, il part pour New York où il rencontre de grosse pointures du piano stride : James P Jonhson, Willy Smith " the Lion ", Fats Waller... En 1929, il rentre dans l'orchestre de Bennie Moten. Il s'impose en apportant des idées nouvelles dans les arrangements. Il y avait le style Jungle de Duke, mais il y avait aussi le style très particulier de Count Basie, un style voué à la danse, où chaque musicien jouer un rôle important. Les compositions du Count étaient telles que chaque musicien avait une place de soliste et pouvait s'exprimer autour du thème principal qui était repris par tout l'orchestre..."

Ca swingue, ça claque, ça ondule, ça booste, ça flotte, et soudain ça cesse sur trois notes légère signées du bout des doigts comme trois petites gouttes de pluie après l'orage...

Si Benny Goodman était «The King of Swing», on peut dire que Count Basie était un faiseur de Rois...

Il jouera avec les plus grands jazzman tels que Lester Young (saxophone), Buck Clayton (tromp.), Jimmy Rushing (voc.), Freddie Green (guit.) et bien sur Billie Holiday et Ella Fitzgerald... Il conduira son orchestre sans problème pendant des années, malgré les difficultés économiques qu'il rencontrait : " Il y avait du boulot, mais on se tapait tellement de kilomètres entre chaque concert qu'on ne gagnait pratiquement pas un rond ". A partir de 1950, la conjoncture est très difficile pour les grands orchestres et il est impossible de tourner avec l'orchestre au complet. Mais le Count continue de jouer en petite formation. Puis il repart en grande formation pour une tournée européenne vers 1957 et conforte sa position de garant de la tradition de big band. Il s'éteint en Floride le 26 avril 1984.

Quelques uns de ses plus grands chefs d'oeuvres : Jumpin'at the woodside, One o'clock jump, easy does it, corner pocket, taps miler, lester leaps, Everyday i have the blues, spankly, swingin'the blues, jive at five et avec avec Ella, deed i do, them there eyes, shiny stocking...

 

Cab Calloway «The Hi-de Ho Man»

Qui a oublié cette extravagante silhouette toujours revêtue d'un zoot suit satiné et d'une chaîne de montre interminable qui dépassée dessous la longue redingote ? Mister Hi de ho man ! ! !

Né en 1907 le 25 décembre, Cab commence sa carrière à Chicago puis à New York. A 20 ans, il est déjà un show man accompli. Compositeur, interprète, danseur de claquette et surtout bout-en-train infatigable. Il participe à la revue Hot Chocolate puis on le retrouve au fameux Savoy Ballroom. En 1929, il est chargé de remplacer l'orchestre de Duke Elington au CottonClub. En 1931, il signe un chef d'oeuvre "Minnie the moocher" qui le fera découvrir au monde entier. Il tourne dans de nombreuses productions cinématographiques telles que Stormy Weather (1943), The Singing Kid (1936), Blues Brothers (1980) et ce sera sa denière apparition à l'écran...

Il aura formé les plus grands solistes : Dizzie Gillespie (tromp.), Doc Cheatham (tromp.), Ben Webster (Sax.), Milt Hinton (bass)... Il emmènera son orchestre jusqu'aux années 80 et remettra quelques-uns de ses anciens tubes au goût du jour, jusqu'à l'age de quatre vingt sept ans...

Benny Goodman «The king of Swing»

Les grands orchestres blancs ont su écouter attentivement et ont habilement exploité les recherches et les trouvailles de Duke Ellington, de Count Basie, de Jimmie Lunceford ou de Ckick Web.
Au milieu des années 30, Benny Goodman est élu "King of Swing..." Ce titre dont le côté dérisoire pourrait seulement prêter à sourire, révèle cependant une injustice flagrante à l'égard des créateurs noirs, encore une fois pillés, imités et bien sûr privés de retombées économiques. Un Homme va contribuer au rapprochement des deux communautés musicales : Benny Goodman. Né à Chicago en 1929, il débute la clarinette très jeune. A douze ans il s'inscrit au syndicat des musiciens et commence à fréquenter les clubs de la ville et les riversboats qui sillonnent le lac Michigan.

En 1934, il crée son premier orchestre et entame une tournée sur la côte ouest et enchaîne les concerts au Paloma Ballroom de Los Angeles où il fera un triomphe. Benny Goodman est le musicien qui popularisera le jazz noir auprès de l'auditoire blanc. Il ira jusqu'à embaucher dans son big band des musiciens noirs comme Charlie Christian, Lionel Hampton, Cootie Williams avec qui il se produit en petite formation. Il devient le gros vendeur de disque de son époque après un immense succès rencontré au Carnegie Hall de New York en 1938.

Il triomphe avec son big band dans une tournée européenne entre 1958 et 1962 et aura enchanté de son style et de sa sonorité plus de 50 ans d'histoire du jazz , jusqu'en 1986.

 

Fats Waller

Né en 1904 en plein coeur de Harlem, Thomas Waller apprend ses premières notes de musique sur un harmonium. A 15 quinze ans, il accompagne au piano les films muets, où James P. Johnson le découvre et le prend sous sa tutelle. C'est un innovateur dans le style de piano stride. On l'appelle Fats en raison de son embonpoint. Il rencontre au début des années 20 Andy Razaf avec qui il écrira quelques-uns des plus grands standards comme "ain't misbehavin", "Honeysuckle rose", "your feet to big"...

Après un voyage à Londres et Paris en 1934, il monte un sextet "Fats Waller and his Rythm". Il se produit en 1938 au Carnegie Hall et à l'Apollo théatre et il recontre un très grand succés.
Il tourne dans un excellent film "Stormy Weather" au côté de Cab Calloway, Bill Bojangles Robinson, mais de longues tournées à travers les Etats Unis et des interminables séances d'enregistrements, d'excès de nourriture et d'alcool auront raison de lui. On le retrouve dans un wagon ivre mort à Kansas City en 1943. C'était un personnage radieux qui marquera de son empreinte l'époque du piano stride.